QU’EST-CE QUE LA MICROFINANCE ?

La microfinance offre aux travailleurs pauvres la possibilité d’échapper au cercle vicieux de la pauvreté en leur procurant une large gamme de services financiers, y compris l’accès au capital.

Un bref historique de la microfinance

Sous sa forme moderne, la microfinance a été développée dans les années 1970 par Grameen Bank au Bangladesh. Le Professeur Muhammad Yunus et la Grameen Bank qu’il a fondée, ont reçu le Prix Nobel de la Paix en 2006 en reconnaissance à l’aide apportée aux femmes auto-entrepreneurs vulnérables afin qu’elles sortent de la pauvreté. Grameen Bank a lancé les groupes solidaires, un modèle dans lequel chaque membre du groupe -des femmes le plus souvent- est mutuellement responsable des prêts des autres membres.

Depuis lors, la microfinance a été reconnue par d’importantes institutions financières et de développement comme un moyen efficace de lutte contre la pauvreté. L’Organisation des Nations Unies et d’autres grands acteurs ont décrété 2005 « année internationale du microcrédit » et diverses initiatives ont été développées pour mettre en place des secteurs financiers inclusifs dans l’objectif d’atteindre les Objectifs du Millénium pour le Développement.

La microfinance a fortement progressé au cours des dernières années, un nombre sans cesse croissant d’investisseurs privés s’y sont intéressés et ont commencé à financer des programmes. L’édition 2014 du Baromètre de la Microfinance publié par Convergences fait état de 1,252 institutions de microfinance à travers le monde publiant leurs résultats sur le MIX. En 2012, ces 1,252 institutions ont prêté plus de 81.5 millards de dollars à près de 91.4 millions de clients.

La microfinance, un tremplin

Au fil des ans, la microfinance a prouvé qu’elle pouvait jouer un rôle essentiel pour aider les pauvres qui travaillent à sortir de leur isolement économique et social. Mais l’amélioration est lente et difficile.

Les microcrédits, d’un montant compris en général entre 10 et 3 000 US$, sont proposés aux micro-entrepreneurs pour développer leurs activités génératrices de revenus. Les opérations financées peuvent concerner l’agriculture, l’élevage, le commerce, l’artisanat, les services, la petite restauration, et d’autres formes d’activités entrepreneuriales.

Les activités qui réussissent le mieux finissent par devenir des petites entreprises qui emploient des gens extérieurs à la famille du propriétaire et qui fabriquent une gamme plus large de produits qui ont des débouchés géographiques plus larges. Les IMF sont idéalement placées pour combler le manque de financement auquel ces petites entreprises font face avant d’atteindre une taille qui leur ouvre la porte des marchés financiers classiques.

Selon le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (Consultative Group to Assist the Poor CGAP, www.cgap.org), un pôle de référence pour le secteur de la microfinance qui offre des services d’appui technique, des conseils et des formations sur les meilleures pratiques, « les services financiers pour les pauvres se sont révélés être un instrument très efficace de réduction de la pauvreté car ils leur permettent de créer des actifs, d’augmenter leurs revenus et de réduire leur vulnérabilité aux contraintes économiques ».